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En quelques maigres années, l’intelligence artificielle s’est imposée comme LA nouvelle révolution technologique à suivre. Elle est devenue la marotte de toutes les grandes entreprises technologiques qui souhaitent prouver qu’elles continuent à innover. Mais ce déchaînement de tokens, de GPU et de prompts cache une réalité écologique peu reluisante.

Sam Altman lui-même l’a dit, l’IA ne pourra pas se développer "sans une percée majeure" dans le domaine de l’énergie. Le patron d’OpenAI et papa de ChatGPT a au moins le mérite de formuler les choses clairement : l’intelligence artificielle va consommer encore et toujours plus d’énergie dans les années à venir. Si la déclaration a fait grand bruit, c’est tout d’abord parce que le coût énergétique de l’IA, et en creux son bilan écologique, est un secret bien gardé, ou du moins une problématique sur laquelle il est difficile d’y voir clair.

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D’après l’agence internationale de l’énergie (IEA), une requête sur Google consommerait 0,3 Wh d’électricité, contre 2,9 Wh pour une question posée à ChatGPT. "Un moteur de recherche comme celui de Google pourrait multiplier par dix sa consommation d’électricité si l’IA venait à y être pleinement intégré", détaille l’IEA. Et devinez quoi ? C’est exactement ce que Google a annoncé il y a quelques jours.

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Massivement utilisée pour refroidir les serveurs d’IA gourmands en énergie, l’eau est devenue une ressource précieuse et indispensable dans la course à l’IA. Shaolei Ren, spécialiste de l’intelligence artificielle responsable et professeur en ingénierie électrique à l’université de Riverside en Californie, estimait dans une étude publiée fin 2023 que l’entraînement d’un modèle comme GPT-3 aurait provoqué à lui seul l’évaporation de 700 000 litres d’eau.

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Ces chiffres se vérifient assez directement dans les bilans environnementaux des GAFAM. En 2022, Google a reconnu avoir utilisé 22 milliards de litres d’eau pour refroidir ses serveurs. Une augmentation de volume de 20 % par rapport à l’année précédente, qui est au moins en partie due au développement de l’IA au sein de l’entreprise. Idem pour Facebook, dont le modèle Llama 2 aurait consommé au minimum 2,8 millions de litres d’eau durant sa phase d’entrainement. C’est deux fois plus que pour l’entraînement de Llama 1.

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Difficile à chiffrer concrètement pour toutes ces raisons, l’empreinte carbone des IA ne doit pas pour autant être un non-sujet. L’utilisation de ressources telles que l’eau ou l’énergie doit faire l’objet d’un débat démocratique. Cela permettrait non seulement, comme l’exprime l’ancienne googleuse Timnit Gebru, de réduire "l’accès inéquitable aux ressources, qui affecte de manière disproportionnée les personnes déjà marginalisées", mais aussi de cesser de décorréler la magie de l’informatique de ses conséquences climatiques

https://www.lesnumeriques.com/societe-numerique/et-si-le-plus-gros-probleme-des-ia-etait-ecologique-a222033.html

 

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