Dans son nouveau livre Vallée du silicium, Alain Damasio s’est rendu à San Francisco afin de mettre à l’épreuve sa pensée technocritique et de comprendre comment cette région a façonné et façonne encore le monde d’aujourd’hui.
[...]
Et quand je dis « nous », je parle de 6 à 7 milliards de personnes. Facebook et Insta par exemple, qui sont des plateformes de Meta, c’est 4 milliards d’utilisateurs. Les produits Apple, c’est presque deux milliards de clients. Ces technos se sont tellement banalisées, elles sont si répandues désormais, qu’elles sont devenues comme évidentes et invisibles pour nous
[...]
Avec la voiture autonome, nous passons de la voiture-énergie, virile et vive, à la voiture-data molle où l’on se fait conduire et ne maîtrise plus rien. Ça annonce d’autres glissements vers des IA toutes-puissantes, qui vont gérer nos existences avec douceur et précision, sans même que nous mesurions la liberté qu’on y perd.
[...]
c’est l’archétype de la fausse bonne idée. Un cas d’école des techs qui nous sont vendues comme un « progrès » alors qu’elles vont avilir nos corps, dégrader nos ressources naturelles, augmenter la pollution atmosphérique et minière, et produire du déchet non-recyclable.
[...]
Les Gafam ont designé très profondément une dépendance subtile à leurs plateformes, en exploitant toutes les failles et les biais cognitifs de nos cerveaux, mais aussi en misant sur la loi du moindre effort, notre peur de la solitude, notre besoin de pouvoir, de maîtrise et de contrôle dans un environnement compétitif incertain…
[...]
Donc, on ne saura plus très bien qui va contrôler qui, qui « dominera » ou pilotera nos choix, nos pratiques puisque nous les déciderons en quelque sorte en commun, en complicité homme-machine.
[...]
À chaque technologie qu’on vous propose, qui émerge dans le champ commercial, il s’agit toujours de se demander : en quoi cette tech va-t-elle nourrir ou appauvrir mon rapport aux autres, au monde et à moi-même ?
[...]
La technocritique doit réfléchir aux pratiques qu’elle induit, à la culture qu’elle forme, à l’éducation qu’elle doit exiger, tout autant que penser en terme de rythme, de temporalité, d’exploitation de nos disponibilités, de déconnexion nécessaire, au moins de temps en autre.
[...]
La Silicon Valley n’est qu’à la marge soucieuse de l’écologie. Mais c’est aussi qu’elle croit profondément au solutionnisme techno pour vaincre le réchauffement climatique : ce que la Tech a détruit ou dégradé, la Tech peut le réparer ou le solutionner, « dont’ worry »
[...]
On a besoin d’eux pour imposer la low-tech partout où on le peut, pour brouiller et saboter les installations polluantes, énergivores ou extractives qui toutes utilisent informatiques et réseaux pour fonctionner.
Vous appréciez cette veille Technologie Responsable ? Récompensez le temps passé pour la préparation et les coûts liés au fonctionnement du site avec un montant libre ou bien contactez-nous dès aujourd'hui pour une conférence ou une consultation à tarification consciente !
Accueil Veille Article suivant Article précédent Merci pour cette veille